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Déterminants et perspectives d’un développement humain durable au Maroc

 
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• Type de document : Article académique
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Extraits et sommaire de ce document
Les explications du développement économique sont souvent recherchées parmi les facteurs de la production économique, tels que le capital, le travail et la technologie utilisée. La notion de développement consiste à préserver les équilibres macroéconomiques et à assurer aux générations futures une qualité de vie au moins équivalente à celle des générations présentes. Il s’agit d’une entreprise qui requiert la mobilisation des potentialités humaines. C’est pourquoi il importe d’introduire le rôle de la dimension du comportement humain dans les activités relatives à la croissance économique.
En effet, l’objet de l’économie était au départ d’expliquer comment accroître la richesse des nations. En ce sens, Denison (1962) a étudié les facteurs explicatifs de la croissance des Etats-Unis et il a trouvé que la productivité totale est tributaire de l’amélioration de la qualité de la main-d’oeuvre suite à l’accroissement du niveau d’éducation. Cela fait référence au développement humain qui reflète bien le niveau du bien-être de la population et mesure son évolution. Certes, la littérature économique a toujours reconnu la qualité du facteur travail et son rôle prépondérant dans le processus de la croissance économique.
Les économistes classiques (Smith, Ricardo, Malthus et autres) ont déjà mis en évidence l’importance de la qualité de la main-d’oeuvre dans la compétitivité économique. Ils ont montré que la richesse des individus et des nations dépend du niveau de compétences des travailleurs et par conséquent du capital humain. La théorie du capital humain s’est notamment développée à partir des travaux de Schultz (1961) et de Becker (1964) qui insistent tous les deux sur le rôle de la formation qui est appréhendée comme un véritable investissement.
Cette théorie souligne que les connaissances acquises par les individus jouent un rôle crucial dans la société. Selon ladite théorie, l’éducation est un investissement, puisqu’elle est l’instrument qui sert à améliorer la productivité. Ceci met en exergue l’importance de l’investissement éducatif dans la croissance de l’économie.
D’après Hugon (2005), une augmentation soutenue de la production économique est conditionnée par un accroissement du niveau d’éducation et par conséquent de la qualité de la main d’oeuvre. La spécialisation de la main-d’oeuvre suppose qu’il existe différents types de tâches et que chaque individu effectue la tâche qu’il maîtrise le plus afin d’améliorer sa qualification. Cette amélioration est rendue possible grâce aux travailleurs ayant l’aptitude pour exercer des tâches spécifiques. Cela a engendré la notion de main d’oeuvre qualifiée qui met en lumière l’amélioration de la qualité productive liée à l’évolution de l’organisation de la production.
Dans ce contexte, le rôle des innovations est essentiel dans la croissance économique, puisque la contribution du capital humain constitue une ressource capitale dans le secteur de la recherche et développement autorisant l’émergence de nouveaux produits et procédés de production. En effet, la littérature récente sur la croissance met en exergue la relation entre le capital humain et la croissance et propose des modèles basés sur l’activité concernant la recherche et développement (Romer, 1990). Ce modèle met en évidence la relation intrinsèque entre l’activité de recherche dans le processus d’innovation et la croissance économique.
Il est question donc de s’interroger sur les ressources à développer pour promouvoir les potentialités humaines nécessaires pour la croissance économique. Une attention particulière sera portée au capital humain et à son rôle déterminant dans le processus de développement économique du pays. Par conséquent, il s’agit d’examiner ce que la politique de développement du capital humain et de l’économie de la connaissance pourra apporter en termes de richesses humaines et immatérielles pour amorcer cette croissance économique.
Ainsi ce travail poursuit deux objectifs, le premier consiste à montrer les limites et les insuffisances de la croissance de l’économie marocaine. Le second objectif vise à étudier la complémentarité entre le développement humain, la richesse des ressources immatérielles et la croissance économique. Dans cette perspective, il est d’abord question de présenter le contexte de l’économie marocaine et montrer que l’intégration d’une stratégie de développement humain apporte des moyens de prospérité en termes d’économie immatérielle ; ensuite, discuter l’impact potentiel de la richesse humaine et immatérielle sur les perspectives de la croissance économique.
[…]
Dans ce travail, nous avons essayé de répondre à une question d’une importance capitale qui concerne l’économie marocaine, à savoir quelles sont les ressources nécessaires à développer pour encourager sa croissance. Il s’avère que le développement de la richesse humaine et des ressources immatérielles constituent la pierre angulaire de ce processus de développement. Il s’agit d’un enjeu de taille puisque ces ressources sont déterminantes pour la croissance économique, la promotion sociale, l’amélioration des niveaux de vie et la réduction de la pauvreté et du chômage.
Nous avons commencé par une analyse du contexte de l’économie marocaine, il en ressort que cette économie connaît plusieurs limites et insuffisances qui se présentent principalement dans la limite de la qualification de la main d’oeuvre, le chômage des jeunes et le manque de la formation adaptée pour répondre aux besoins de l’économie et sa croissance. D’où l’importance de développer le système éducatif et de formation orienté vers la qualification des jeunes et le développement des compétences.
Les principales entraves au développement du système éducatif au Maroc, sont liées à des facteurs endogènes et exogènes. Les premiers sont attribués à la faible qualité du système et à la faible diffusion de l'éducation sur toute la population. Alors que les seconds concernent le contexte économique et social dans lequel ces politiques éducatives ont été mises en place. En 2007, le Maroc occupe selon l'indicateur de développement humain (lDH) la 130ème place, et ce à cause de ses contreperformances dans le secteur de l'éducation (PNUD, 2009).
Pour que les stratégies convergent vers la recherche de l’efficacité économique, il est impératif donc que cela conduise également à la définition de la stratégie des ressources humaines optimisées en effectifs et en qualification. Il s’agit d’une gestion stratégique des ressources humaines. L’idée est qu’il existe des gisements de ressources internes largement sous développées, d’où la nécessité de mobiliser les énergies et développer l’implication des acteurs économiques. Depuis les années 90, l’idée d’articuler le potentiel humain et le développement économique s’est particulièrement renforcée. Ceci révèle que le capital humain est une ressource centrale pour le Maroc. Sa croissance économique mérite d’être accompagnée par la formulation d’une stratégie nationale de gestion dynamique des ressources humaines et par une politique économique orientée davantage vers le développement durable. En effet, l’apport conceptuel du développement humain permet un élargissement du paradigme de développement économique : il s’agit de réfléchir sur le développement économique en intégrant des éléments relevant de l’éducation, de la santé, de la culture et du bien-être humain.
C’est ainsi que l’accent a été mis sur les problématiques clés du développement humain et les politiques qu’il faut mettre en oeuvre pour hisser le Maroc à un niveau de développement humain acceptable. L’objectif est d’inscrire cette politique dans une vision plus globale de progrès qui permettrait d’acquérir un développement humain durable. Sa concrétisation serait facilitée par la participation de tous les acteurs au développement notamment le rôle des entreprises.
Ceci est censé valoriser la richesse des ressources dont jouit le Maroc, conforter la cohésion sociale et favoriser le renforcement du processus de développement durable. En ce sens, Hugon (2005) a souligné que la généralisation de l’enseignement primaire, l’acquisition des compétences et l’accès aux technologies des pays avancés par des politiques de copiage ou d’innovation à partir des connaissances disponibles, sont des facteurs déterminants du processus de développement durable des pays d’Asie de l’Est.
En effet, les économies émergentes d’Asie n’ont pas le même niveau de développement. Il y a des économies qui cherchent à créer de nouvelles technologies productives en investissant dans la recherche et développement comme la Corée du Sud et Singapour, et d’autres, notamment l’Indonésie et les Philippines, se concentrent sur les imitations des technologies produites dans les économies les plus avancées.
Enfin, la qualité de vie est un élément important de la performance économique. D’abord parce que toute activité économique devrait avoir pour objet d’améliorer le bien-être des individus, puisque l’économie est en principe au service du social. Ensuite, parce que le système économique a besoin des compétences de ses hommes et ses femmes. Cette qualité de vie dépend essentiellement de la capacité à générer une croissance économique forte, soutenue et durable, une croissance qui constitue une condition sine qua none à tout développement combattant les inégalités qui fragilisent la cohésion sociale et engendrent des tensions sociales.

1 Le contexte socioéconomique marocain
1.1 Le contexte socioéconomique marocain en chiffres
1.2 Les insuffisances de la croissance de l’économie marocaine
2 Le développement du capital humain
2.1 Les déterminants du développement humain
2.2 Développement humain et économie de la connaissance
3 Développement humain au Maroc et perspectives de croissance économique
3.1 Développement humain et perspective de croissance
3.2 Le développement humain comme une priorité de la stratégie économique et sociale
4 Discussion et conclusion
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