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La gouvernance des coopératives au Maroc

 
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• Type de document : Article académique
• Nombre de pages : 24
• Format : .Pdf
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Extraits et sommaire de ce document
Dans un contexte économique largement dominé par le modèle des sociétés de capitaux dans lesquelles le pouvoir de décision de chacun dépend de la valeur des actions en sa possession et où la gouvernance d’entreprise est fondée sur le pouvoir financier, le risque est grand que des dirigeants prennent des décisions favorables à leurs propres intérêts au détriment de ceux de l’entreprise et de ses parties prenantes. Avec la crise financière qui a éclaté en 2008, ce modèle a dévoilé les limites de cette économie motivée par la seule rentabilité à court terme et au bénéfice d’une minorité. A l'inverse, la coopérative est un modèle d’entreprise de l’économie solidaire et sociale qui a su associer la performance économique et la satisfaction des intérêts collectifs de ses membres.
L’essence de l’approche de l’entrepreneuriat social est d’une simplicité impressionnante ; il s’agit d’accroître le pouvoir des individus afin qu’ils puissent prendre en charge leur propre développement par l’entremise d’entreprises dont ils sont les propriétaires et les décideurs. En ayant les moyens de prendre sa place et de s’épanouir, cette approche est capable de réaliser un succès remarquable en créant de la richesse économique tout en encourageant des pratiques démocratiques et en diminuant la pauvreté.
A travers leur structure économique stable orientée principalement vers les besoins des membres, leur communauté et leur territoire, les coopératives jouent un rôle important dans le développement économique spécialement dans les pays émergents. Il est important de rappeler que les coopératives sont nées suite à l’incapacité de l’État et des entreprises classiques à satisfaire les besoins d’une tranche importante de la population, particulièrement ceux touchant le développement local dans un contexte de mondialisation et internationalisation.
Le model coopératif se fond sur des valeurs spécifiques qui ont façonné les mécanismes de leur mode de gouvernance. Cependant, comme toute entreprise, le développement de la coopérative n’échappe pas aux défis et aux évolutions propres de son activité. Ainsi, la gouvernance coopérative se confronte aux réalités du marché.
Au Maroc, le rôle que jouent les coopératives dans le développement du tissu productif n’est plus à démontrer et durant ces dernières années, le travail coopératif s’est vu doté des instruments efficaces pour la réalisation des objectifs du développement social. L’essor que connait le mouvement coopératif marocain est dû à une grande volonté gouvernementale de faire évoluer ce secteur et d’un cadre qui en général propice à l’existence d’un environnement socio-économique et réglementaire propice à l’évolution de ces activités.
En effet, au 31 Décembre 2015, le tissu coopératif marocain a connu une augmentation impressionnante et a atteint 15 735 coopératives et unions des coopératives avec 536 920 adhérents, dont la majorité sont des coopératives agricoles soit 67% du l’effectif total1. D’où l’importance de l’analyse de cette catégorie de coopératives que nous avons choisis comme objet de notre étude. Croissance, internationalisation, filialisation, changement de réglementations sont les principales mutations qu’a connues le secteur coopératif agricole, néanmoins garantes de son essor face au défi de la performance et des pressions concurrentielles.
En outre, le contexte de l’instabilité croissante des prix des produits agricoles fait de la gouvernance de ce type d’organisation un sujet majeur d’actualité en particulier dans les pays en voie de développement comme le Maroc.
A travers ce travail nous souhaitons d’une part contribuer à la reconnaissance, à la visibilité et à l’avancement du mouvement coopératif au Maroc et d’autre part approfondir la réflexion sur les mécanismes de la gouvernance dans les coopératives marocaines en essayant de répondre aux questions suivantes : Est-ce qu’on peut préserver l’identité coopérative alors que la recherche d’efficacité est de mise partout ? Quels sont les mécanismes de la gouvernance et les pratiques managériales adoptés par les coopératives marocaines ? Existe-t-il des pratiques de gouvernance spécifiques pour établir l’équilibre entre l’identité sociale et la rentabilité économique ?
Il est nécessaire de préciser que les résultats issues de notre étude qualitative, ne prétendent pas être généralisables à l’ensemble des coopératives marocaines, mais peuvent être considérés comme des pistes de réflexion pour d’éventuelles futures études ou pour inspirer de potentielles initiatives en entrepreneuriat sociale au Maroc.
[…]
Le tissu coopératif connait un développement important et constant dans le monde entier et en particulier dans les pays en voie de développement comme le Maroc. Il touche plusieurs secteurs et doit faire face à des enjeux de plus en plus complexes. Même s’il elles restent ancrées dans leurs territoires, les coopératives sont dans une économie totalement mondialisée, et doivent grandir et faire face à la compétitivité des entreprises capitalistes. Le statut coopératif n’empêche pas la performance économique, au contraire, il peut être considéré comme un avantage compétitif ayant un modèle de gouvernance qui associe la rentabilité économique aux valeurs sociales et humaines.
Au Maroc l’enjeu est d’ampleur, vue le poids des coopératives dans l’économie nationale et leurs grande contributions dans le développement durable au pays. En effet, l’initiative nationale de développement humain, dans son axe d’activités génératrices de revenus, encourage et soutient le modèle coopératif, surtout celui des femmes en milieu rural. Le plan Maroc vert constitue aussi une plateforme importante de développement des coopératives agricoles.
En se basant sur les résultats de notre étude, on peut dire que la pérennité et le développement de la coopérative dépendent de la qualité de leur gouvernance. Une bonne gouvernance, nécessite non seulement une détermination claire et un respect des champs de compétence, mais aussi un certain équilibre entre les instances de pouvoir. Il est primordial que la capacité du conseil d’administration soit renforcée pour permettre une contribution significative et soutenue des administrateurs.
Cependant, il s’avère d’après notre recherche que l’association de la rentabilité économique et les principes de l’identité coopérative est en réalité un équilibre difficilement ou relativement réalisable, en particulier dans le cas des coopératives agricoles. Cela est dû principalement au manque de compétences et surtout à l’absence de la formation des membres en matière de gouvernance coopérative, qui engendre une démotivation et un désengagement presque total de ces membres dans tout ce qui concerne la gestion de la coopérative et ses orientations stratégiques.
C’est le directeur qui s’occupe de la gestion générale et quotidienne de l’organisation et il est l’acteur principal dans le processus de la prise de décision. Il s’agit d’une fusion entre quelques principes coopératifs et le mode de fonctionnement des entreprises capitalistes où le pouvoir de décision est généralement concentré entre les mains de la direction. Cela dévoile une certaine dégradation de l’identité coopérative au profit d’un nouveau modèle de coopération hybride dans lequel la coopérative est en partie transformée en société par actions où chaque membre donne la priorité à la maximisation de son profit et non pas à la réussite et la pérennité du projet coopératif.
Pour conclure, nous somme convaincu que la formation est la clé capable d’assurer l’avenir du model coopératif, en particulier dans le secteur agricole, en développant à la fois un modèle démocratique coopératif et une gouvernance qui impose une vision et une ambition internationale capable de faire face aux enjeux imposés par un environnement mondialisé et un marché caractérisé par une dominance d’une logique capitaliste et une compétition acharnée.
Le rôle et la qualité du conseil d’administration sont aussi un élément vital et primordial dans la bonne gouvernance de la coopérative, à condition que les administrateurs soient capables de jouer leur rôle pleinement en étant capable de répondre aux besoins quotidiens et opérationnels des membres tout en ayant une vision collective de long terme qui peut assurer la pérennité et le développement de la coopérative.

I. LE CADRE THEORIQUE DE LA GOUVERNANCE DANS LE MODELE COOPERATIF
I 1. La gouvernance participative dans les coopératives : particularités et mécanismes
I 2. Les principaux enjeux de la gouvernance des coopératives
I 3. La gouvernance des coopératives au Maroc
II. ETUDE EMPIRIQUE DES MECANISMES DE GOUVERNANCE DANS LES COOPERATIVES MAROCAINES : CAS DES COOPERATIVES AGRICOLES DANS L’ORIENTAL
II 1. La méthodologie de recherche
II 2. Analyse de l’environnement interne des coopératives Fet Slimane et Sidi Bouzid
III.PRESENTATION ET DISCUSSION DES RESULTATS
III 1. Pouvoir et gestion démocratique
III.1.1. L’assemblée générale (AG)
III.1.2. Le conseil d’administration (CA)
III.1.3. Délégation de pouvoir au Directeur
III.1.4. Le couple Président-Directeur
III 2. Transparence et communication
III. 3. La formation
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