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Les femmes chefs d’entreprise au Maroc
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Type de document : Article académique
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Extraits et sommaire de ce document
Aujourd'hui, et partout dans le monde, on est parfaitement conscient de la nécessité de créer d’autres possibilités d’emploi. D'où l'idée de plus en plus soutenue selon laquelle les solutions au problème de l'emploi dans certains pays peuvent être l’encouragement intense à la création d’entreprises. Ainsi, l’entrepreneuriat connaît depuis plusieurs années un développement remarquable. Après avoir investi différents métiers, les femmes ont décidé aussi de prendre d’autres risques et de se lancer à leur tour dans d’autres défis professionnels et de créer leur propre emploi. Par conséquent, la place occupée par la femme entrepreneure varie d'une société à l’autre.
Au Maroc, la femme a été pendant longtemps reléguée à l’arrière-plan par les traditions et les coutumes qui valorisaient l’homme par rapport à la femme et qui confirmaient sa supériorité par rapport à elle. Ainsi, la femme marocaine était réduite de ses capacités créatives (Agénor et El Aynaoui, 2005). Pendant longtemps, cette discrimination envers la femme l’avait privé de son esprit d’initiative, et créé chez elle un esprit de dépendance totale à l’homme.
Mais la scolarisation massive des femmes, leur entrée par la suite dans le marché de l’emploi (ménages à deux revenus) et l'apparition de nouvelles structures familiales (familles monoparentales) ont provoqué un changement important du modèle familial marocain (Bargach, 2005; Mejjati, 2004). Ceci a favorisé une participation davantage accrue de la femme à l'économie de son foyer (Beltrán, 2006). Depuis les années 90, l’évolution du contexte social et économique, des mentalités ainsi que les changements positifs au niveau juridique, ont favorisé l’émergence de l’entrepreneuriat féminin au Maroc.
Avant les changements apportés au code du commerce en 2003, la liberté d’entreprendre pour les femmes était limitée. L’ancien code interdisait à la femme marocaine d’exercer une activité commerciale sans l’autorisation de son époux (Hcp, 2000a; Paterno et al., 2008). Or, être entrepreneur nécessite un pouvoir de prise de décision et une indépendance pour pouvoir créer en toute liberté. Actuellement, et suite aux changements juridiques en faveur de la femme, l’entrepreneuriat féminin au Maroc est devenu plus visible et de plus en plus encouragé.
Ainsi, la femme chef d’entreprise a investi de nombreux secteurs: le commerce, les services, le textile, l’agroalimentaire et la restauration. Contrairement aux idées véhiculées, les entreprises créées par les femmes ne se trouvent pas que dans le secteur informel. Ce sont aussi des entreprises structurées et établies dans un cadre légal. Néanmoins, l’entrepreneuriat féminin au Maroc demeure encore à un niveau très faible. La proportion de la création des entreprises par les femmes ne dépasse pas 12% (selon le rapport annuel 2009 de l’office marocain de la propriété industrielle et commerciale). Alors que l’entrepreneuriat pourrait constituer une perspective importante d’auto-emploi dans un pays où le problème des diplômés chômeurs, notamment les femmes, se pose de manière accrue (Barkalil, 2005; Walther et al., 2006). Malheureusement, trop peu de recherches abordent le sujet de l’entrepreneuriat féminin au Maroc.
Les études réalisées sont pour la majorité des rapports commandités par les autorités publiques et qui traitent généralement de l’activité professionnelle des femmes. Cela nous encourage à nous pencher davantage sur la situation des femmes entrepreneures marocaines. Dans cet article, nous allons présenter la position de la femme et la spécificité socio-culturelle marocaine ainsi que les études disponibles sur l’entrepreneuriat féminin, en particulier au Maroc. Par la suite, nous présenterons la méthodologie du travail.
Finalement, la présentation et l’analyse des résultats suivront les thèmes suivants : Le profil de la femme entrepreneure marocaine (âge, situation matrimoniale, parcours scolaire, expérience); Le profil de leurs entreprises (forme juridique, secteur d’activité, le style de management); Les déterminants (motivations) principaux de la création d’entreprise par les femmes marocaines; Les sources de financement; Le soutien familial et professionnel; Les difficultés rencontrées: socio-culturelles, financières et institutionnelles.
L’intérêt principal de cette étude est de décrire et d’analyser l’expérience entrepreneuriale féminine au Maroc en regard de leur contexte social, économique et culturel. Les résultats de cette étude serviront à formuler des recommandations afin d’aider les responsables et les décideurs politiques à mettre en place des mesures appropriées aux besoins des femmes entrepreneures marocaines.
[…]
L’entreprenariat féminin au Maroc a constitué l’objet de notre recherche. L’objectif principal de cette recherche était de déterminer le profil des femmes chefs d’entreprises, les caractéristiques de leurs entreprises, leurs sources de financement mais aussi les difficultés rencontrées par celles-ci. Notre étude révèle que les femmes chefs d’entreprises marocaines de notre échantillon sont assez jeunes, de niveau d’instruction supérieur et possèdent une expérience professionnelle considérable.
De plus, ces femmes choisissent une activité en relation avec leur domaine d’expérience antérieure. Leurs projets sont souvent liés aux secteurs des services et du commerce. Elles motivent le choix de se lancer dans le monde des affaires par le désir d'indépendance qui domine largement les autres motivations de création d'entreprise. Les femmes entrepreneures marocaines ont certaines caractéristiques spécifiques liées essentiellement à leur contexte. Ces caractéristiques sont observées essentiellement au niveau de la relation des femmes avec leur entourage familial, leur choix de financement et leur adhésion aux réseaux.
Concernant la relation avec leur environnement familial, les femmes entrepreneures affirment avoir bénéficié d’un soutien inconditionnel de la part de leur famille, que ce soit financier ou moral. La famille reste un maillon important de la vie personnelle et professionnelle de ces femmes, qui affirment que grâce à la solidarité familiale, elles ont réussi la conciliation de leur vie professionnelle et le leur vie professionnelle. Néanmoins, elles déclarent aussi que la famille constitue parfois un facteur négatif puisque certaines d’entre elles doivent obtenir l’autorisation de leur conjoint ou de leur père pour pouvoir exercer leur activité (les déplacements à l’étranger, la rencontre des clients en dehors des horaires de travail etc).
Ces pratiques sociales sont justifiées par la présence de certaines valeurs traditionnelles caractérisant la société marocaine, et qui imposent à la femme certaines règles de conduite vis-à-vis de la famille et de la société. De même, les femmes marocaines sont plus dépendantes de leurs proches dans la concrétisation et la gestion de leurs projets, puisque dans la majorité des cas, elles sont associées avec un membre de la famille. Le mode de financement prédominant chez les entrepreneures marocaines interviewées est l'épargne personnelle ou du couple ainsi que l’aide de la famille. Cependant, elles utilisent également les prêts bancaires qui viennent souvent en complément de l’autofinancement. La majorité d’entre elles ne se plaint pas d’une discrimination basée sur leur genre de la part des banques.
Néanmoins, des études complémentaires et approfondies seraient utiles pour comprendre ce problème délicat vu qu’une partie des femmes interrogées n’a pas fait des démarches réelles pour obtenir des crédits et que l’autre partie, lors de la demande d’un prêt, était souvent accompagnée d’un membre masculin de leur famille (mari, père ou frère) en qualité de garant. Au niveau des réseaux professionnels et des structure d’appui, les femmes sont peu impliquées dans ce genre de structure, souvent par manque de temps et aussi suite à une ignorance de leur existence ou à une sous-estimation de leur rôle.
Malgré l’absence d’obstacles pour adhérer aux réseaux professionnels. Ainsi, les structures d’appui devraient sensibiliser davantage les femmes au rôle du réseautage qui pourrait être un moyen efficace pour développer leur pouvoir de lobbying sur le plan local, régional et national. Les difficultés auxquelles se heurtent les femmes chefs d’entreprises sont multiples. En général, les femmes entrepreneures, à travers le monde, restent confrontées à des difficultés basées essentiellement sur les stéréotypes (harcèlement, sous-estimation de leur compétence, manque de confiance de la part des clients etc) (Day-Hookoomsing, 2002 ; OCDE, 2000, Aidis et al., 2007 ; Constantinidis, 2010 ; McGowan et al., 2012). Néanmoins, dans une société traditionnelle comme la société marocaine, les femmes entrepreneures restent confrontées à un certain nombre de contraintes spécifiques, notamment des contraintes socioculturelles.
Malgré les progrès réalisés au niveau juridique, la mentalité plus traditionnelle et les pratiques sociales mettent encore la femme marocaine en position d’infériorité en confirmant l’obéissance et la dépendance de la femme par rapport à l’homme. Les femmes patronnes souffrent souvent des préjugés. Certains considèrent que certaines activités professionnelles ne devraient pas être féminisées. À ce niveau, les responsables devraient mettre plus en avant la question du genre dans leurs programmes afin d’encourager les changements dans les attitudes, les pratiques et les structures à divers niveaux : politique, juridique, communautaire et familial, afin d’atténuer les inégalités liées au genre. Malgré que notre étude apporte une contribution supplémentaire qui permettra d’améliorer nos connaissances sur l’entrepreneuriat féminin au Maroc, nos résultats demeurent limités vu que l’étude est basée sur un échantillon restreint.
Par conséquent, nous estimons que ces résultats doivent être commentés avec prudence. D’une part, les contraintes de temps et la taille limitée de l’échantillon ne peuvent pas couvrir toute la diversité entrepreneuriale féminine au Maroc puisque les femmes entrepreneures ne constituent pas un groupe homogène. D’autre part, notre étude concernait uniquement une catégorie spécifique, à savoir celle des femmes chefs d’entreprises dans le secteur formel, ce qui contraint la généralisation de nos résultats sur l’ensemble du pays.
Pour cela, nous préconisons d’approfondir l’étude à d’autres catégories de femmes porteuses de projets. Il serait très intéressant de prendre en compte d’autres cas et d’autres expériences afin de dresser un portrait plus complet sur la réalité professionnelle des femmes marocaines. De ce fait, et en termes d’implications futures, il est indispensable d’examiner l’activité féminine sous d’autres statuts, par exemple: les femmes en profession libérale et les femmes en coopératives.

1. Cadre de l’étude
1.1. La position de la femme au Maroc : entre religion et culture
1.2. L’entrepreneuriat féminin
1.3. L’entrepreneuriat féminin au Maroc
2. Méthodologie
3. Résultats et discussion

3.1. Portraits de femmes chefs d’entreprises
3.2. Caractéristiques des entreprises féminines
3.3. Motivations des femmes créatrices d'entreprises
3.4. Style de management
3.5. Sources de financement sollicitées par les femmes entrepreneures
3.6. Conciliation vie privée/vie professionnelle
3.7. Influence de l’entourage sur le processus entrepreneurial des femmes
3.8. Réseautage et structures de soutien
3.9. Les difficultés auxquelles font face les femmes chefs d’entreprises
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