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Climat des affaires et succès des entreprises de l’écosystème automobile marocain
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Type de document : Article académique
Nombre de pages : 24
Format : .Pdf
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Extraits et sommaire de ce document
Dans un contexte d’ouverture accrue, plusieurs mutations aux dimensions multiples (techniques, économiques, sociales et politiques) tant au niveau territorial que sectoriel ont été apportées en cohérence avec les stratégies de développement des pays. En effet, ces mutations ont amené le Maroc à entreprendre des importantes initiatives dus à la dynamique de l’économie mondiale et les conséquences qui en découlent sur le développement économique et social du pays. Le but est de profiter pleinement des opportunités offertes par un tel contexte.
Cette ouverture a amené le Maroc à mettre en oeuvre plusieurs réformes et stratégies sectorielles ciblées introduisant une nouvelle approche fondée sur la structuration de l’industrie automobile - objet de notre recherche - en écosystèmes d’affaires. Ces derniers se déclinent autour des équipementiers et concernent les filières suivantes : Câblage automobile ; Intérieur véhicule et sièges, Métal/emboutissage, Batteries automobiles, lancés en 2014 ; Poids lourds et carrosserie industrielle (2015) ; Moteurs et transmissions (2016) ; Systèmes extérieur (2017) ; et l’écosystème Renault et PSA.
Ainsi, la littérature économique et managériale récente stipule que l’adoption de la structuration de l’industrie en écosystèmes d’affaires, l’existence des infrastructures, des ressources humaines qualifiées et autres facteurs géographiques affectent l’exercice des activités de la firme (Eifert & Gelb, 2005)1. La qualité de ce climat des affaires proposé dépend des orientations politiques et économiques du pays.
De ce fait, le climat des affaires est un facteur de production pouvant contribuer au succès des entreprises écosystémiques installées dans un pays. En ce sens, les avantages fiscaux, les facilités administratives, l’accompagnement adapté et les appuis ciblés apportés aux entreprises des écosystèmes en matière de financement, de foncier industriel et de formation, favorisent l’implantation, la dynamique des firmes et améliorent l’intégration sectorielle via l’établissement de partenariats stratégiques entre leaders industriels et PME.
L’adoption de la vision écosystémique intègre les différents éléments du climat des affaires ; tant structurels reliés aux industries que humains et organisationnels ; dans une dimension temporelle qui reflète l'évolution des processus de gestion des entreprises. Comme ces processus ne sont pas figés dans le temps et ne sont pas déconnectés de leur système, il nous semble difficile de les expliquer dans une logique asymétrique, statique et linéaire.
La revue de littérature qui se positionne dans une logique non dyadique et non systémique ne sera donc pas pertinente dans la poursuite de notre objectif de recherche. A cet effet, cette recherche fusionne les visions théoriques et méthodologiques dans un dialogue constructif systémique. Ainsi, la définition, les déterminants du succès des entreprises et la relation avec le climat des affaires varient selon les théories qui supportent l'analyse écosystémique. Il s'agit de deux niveaux de différence. Les différences se situent dans l'interprétation du caractère paradoxal des concepts et dans la justification des comportements des entreprises.
Cette recherche recense deux courants à priori opposés : un premier néo-institutionnel dont l’approche transactionnelle imprégnée de la théorie économique de la firme, de l'avantage compétitif portérien et des agents rationnels et un deuxième managérial (les théories des organisations) qui justifie sa vision en se basant sur les théories de la complexité, en focalisant sur des facteurs autres qu'économiques.
C’est ainsi que dans un premier lieu, le défi commun reste la question de la conceptualisation et de la catégorisation des déterminants du succès des entreprises écosystémiques dans l’environnement des affaires proposé ; et dans un second, la relation potentielle entre ces différents facteurs et la réussite de ces entreprises. Est-il un croisement insolite du néoinstitutionnel et de l’organisationnel ? Dans quelle mesure peuvent-ils s'inscrire de façon partielle ou totale aux deux paradigmes sans être ambivalent ? Comment les saisir de façon parcimonieuse et les définir de façon précise ?
Pour apporter des réponses à notre problématique de recherche et les interrogations qui en découlent, notre propos se décompose en trois temps. Après avoir présenté le socle théorique de notre recherche, nous précisons le cadre conceptuel qui s’appuie sur le triptyque climat des affaires – facteurs critiques de succès – écosystème d’affaires. Enfin, un troisième point visant la construction d’une grille d’analyse des relations entre ces trois dimensions de notre recherche.
[…]
Notre contribution a été l’occasion de présenter les multiples facettes des notions mobilisées dans le cadre de notre recherche. Nous avons premièrement tenté d’éclairer la notion du climat des affaires sur le plan conceptuel et la dynamique propre de ce concept en insistant sur le rôle joué dans la croissance économique du pays d’une part, et l’importance de celui-ci dans l’activité de la firme, d’autre part. Ainsi, le climat des affaires se compose de nombreuses dimensions qui intègrent notamment l’approche par les écosystèmes d’affaires.
L’ensemble des dimensions traitées s’étendent aux domaines tels que la réglementation, les infrastructures, les services financiers, le capital humain, les relations entre les acteurs, les modes de gestion, etc. que nous avons regroupé en termes de facteurs environnementaux, stratégiques et organisationnels pouvant influencer le succès des entreprises écosystémiques.
Ensuite, nous avons mis l’accent sur la notion de l’écosystème d’affaire dans la mesure où elle permet d’appréhender de nouvelles réalités (Norman & Ramirez, 2000) dans un contexte marqué par une précarité et une variabilité de l’environnement des entreprises, ainsi que par une concurrence accrue sur les marchés internationaux16. Ces différents phénomènes ont entraîné de profondes mutations tant dans la manière de penser le positionnement de l’entreprise que dans la manière d’envisager les relations interentreprises.
A ce titre, la perspective écosystémique s’inscrit comme complément aux analyses menées en termes de champs organisationnels de la théorie néo-institutionnaliste (Di Maggio & Powell, 1983 ; Bensedrine & Demil, 1998 ; Greenwood, et al., 2002) qui sont mobilisées en management stratégique (Tellier, 2003). En effet, la perspective évoquée permet de décomposer les champs organisationnels en sous-systèmes organisés.
Quant à la compréhension des facteurs critiques de succès, elle est indispensable pour la mise en oeuvre des ressources et l’identification des compétences écosystémiques (Moore, 1996). De ce fait, l'allocation des ressources, pour parvenir à une stratégie réussie, consistera à mettre en adéquation les compétences clés ou écosystémiques (Moore, 1996) et les FCS.
En somme, les bases théoriques de notre recherche soulignent la contingence de l’organisation à l’environnement et l’importance des processus de décision des dirigeants dans la relation de l’organisation avec l’environnement et la continuité stratégique de l’entreprise (Watiez, 2002). Il est intéressant de prendre en considération l’ensemble des facteurs internes et externes à l’entreprise écosystémique étant donné que les stratégies des différents acteurs du même écosystème peuvent influencer son activité. Théoriquement, l’utilisation du climat des affaires comme une variable indépendante a un lien significatif avec le succès de l’entreprise. Il s’agit d’un élément important pour prédire la réussite d’une entreprise dans un écosystème donné.
De ces éléments, il ressort une appréhension différente de l’entreprise à succès et les définitions qu’on peut retenir pour qualifier l’influence du climat des affaires sur la réussite des entreprises écosystémiques. Ces entreprises interagissent les unes avec les autres de façon complexe et la réussite de chaque entreprise dépendra de la réussite de l’ensemble. Elles sont simultanément influencées par leurs capacités internes et par leurs interactions complexes avec le reste des membres de l’écosystème au sein de l’environnement des affaires mis en place.
En prenant en considération tous ses aspects, la présente contribution a été l’occasion de présenter une grille d’analyse pour étudier la relation éventuelle existante entre le climat des affaires et le succès des entreprises de l’écosystème automobile au Maroc. Toutefois, la grille d’analyse proposée demande encore à être affinée. Il nous faudra apporter davantage des précisions au niveau des indicateurs qui vont permettre de mesurer les concepts.
Ainsi, à la lumière des résultats empiriques que nous obtiendrons, nous serons en mesure de prioriser les facteurs critiques de succès des entreprises écosystémiques, dans un premier temps ; puis d’évaluer leur influence sur la réussite de ces entreprises, dans un second. Cela nous permettrait de qualifier les firmes à succès et de proposer, le cas échéant, des mesures d’ajustement à même d’améliorer le climat des affaires.

1. L’approche écosystémique : un champ théorique fécond pour repenser le lien climat des affaires – succès de l’entreprise
2. L’émergence du concept d’écosystème d’affaires : un outil d’analyse de la complexification des relations climat des affaires et succès des entreprises
3. Climat des affaires et succès des entreprises écosystémiques : contribution à la construction d’un cadre d’analyse
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